Omran Younis, artiste-peintre syrien

Né à Hassaké, en Syrie en 1971
Vit et travaille à Damas, en Syrie

Omran Younes a été actif sur la scène de l’art arabe depuis la fin des années 1990. Après des études à la Faculté des Beaux-Arts de Damas en 1998, il a ensuite obtenu une Maîtrise en beaux-arts en 2000. Après avoir été représenté dans des expositions à travers le Moyen-Orient, aux États-Unis, au Canada et en France, il a reçu de nombreuses critiques élogieuses tant en Syrie qu’à l’étranger, et est notamment le récipiendaire du Premier Prix du 3ème Concours Annuel de Jeune Art Contemporain à Damas.

Aujourd’hui, son travail fait partie de collections à travers le monde arabe. Les toiles en grand format de Omran Younes se distinguent de par une introspection sur le sujet humain. Ses explorations continuelles, en divers styles expressionnistes, ont contribué notablement à l’élévation de son art en sa forme la plus élevée. Il a démontré cette polyvalence tout au long de sa carrière et travaille fréquemment sur un thème spécifique, chaque série étant consacrée à des expériences témoignant de percées particulières dans son art.

Appartenant à un groupe d’artistes qui a émergé au milieu de l’héritage du Modernisme Syrien, Omran Younes a cherché à poursuivre les accomplissements de ses prédécesseurs, tout en façonnant son propre chemin à travers le langage visuel de l’art contemporain. Le résultat en a été un type de peinture singulier qui mêle un audacieux commentaire social avec un sens aigu de l’observation et une parfaite maîtrise du médium et de la technique.

Mot de l’artiste

L’énergie du trait, l’instant précis entre la vie et la mort… c’est à cette interrogation que j’essaye de répondre. Entre ce qui est graphique – du point de vue de l’agencement de l’espace – et ce qui est en rapport à la vigueur du trait, comment ces lignes qui s’échelonnent du blanc au noir peuvent ne pas être spontanées alors qu’elles s’entremêlent en toi, insufflent la vie dans tes formes et tes surfaces, enregistrent le mouvement intérieur de la forme et les travaillent de manière à rendre vivaces les lignes ?

Pour ce qui est du thème et de son traitement, je me retrouve avec l’assassin dans la même pièce. C’est comme si nous nous battions sur la toile blanche et les traits épais sont autant de plaies profondes. C’est comme si je travaillais les surfaces au couteau. Il s’agit de ma blessure, de mon chagrin, et l’assassin, plein de haine, ne cesse de tirer des coups de feu. Quelle est cette vérité qui me fait face ? Tant de sang, tant de fusillades, tant de morts ! Leurs cris ne me quittent jamais, le terrible instant de mort se transforme en cauchemar dans mes rêves. Qui es-tu, ô Mort, pour flotter ainsi au-dessus de nos têtes, pour t’emparer de tout ce qui est vivant ? Ce sont les enfants de mon pays et je suis totalement impuissant ! La mort anéantit un être vivant à chaque seconde de chaque minute. Je suis pris entre Le Cri d’Edward Munch et les Cauchemars de Goya. Le voilà mon cri : arrêtez les tueries dans mon pays !

Omran Younis, Damas 2014

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