Mahmood Al Daoud, artiste-peintre syrien

Né à Homs, en Syrie en 1987
Vit à Damas, en Syrie

Dans sa série de peintures de 2013 intitulée « In the Emptiness », les « êtres telluriques » nés du pinceau de Mahmood Al Daoud, un jeune peintre syrien, semblent émerger du vide. Des silhouettes aux formes inabouties, épaisses, comme mal dégrossies, composées de plages de couleurs superposées ( touches de pourpre, de bleu, de jaune indien mélangées à des notes de gris ou encore de brun verdâtre ) forment une sorte de magma évocateur d’un être en conception. Placés sur des fonds vifs, lisses, monochromatiques ou bicolores, ces portraits solos déclinent semble-t-il les représentations d’un être tellurique issu des éléments naturels, du sol, du vide… Et qui exprimerait la matérialité de l’homme, ses instincts primaires et animaliers, le vide intersidéral qui l’enveloppe.

Une vision de l’humanité empreinte de cynisme. Un regard sombre, désabusé que Mahmood Al Daoud exprime à travers une vingtaine de grandes acryliques sur toile très texturées (à effet de papier marouflé) qui, pour le spectateur en mal de raccourcis, font forcément allusion à la situation en Syrie, à la condition humaine et au désarroi de ses compatriotes.

Mais peut-être est-ce tout simplement la philosophie nihiliste de cet artiste né à Homs en 1987 et fraîchement diplômé en arts plastiques de l’Université d’Alep ( en 2012 ). Ce jeune talent qui a décroché le premier prix en peinture et dessin lors de la sixième exposition des jeunes artistes à Damas a déjà développé un univers pictural d’une intense singularité. Une texture très travaillée, dégageant une énergie magnétique pour exprimer l’insoutenable fange de l’être ( ou son désert existentiel ), signe la facture de ses peintures.

Mot de l’artiste

Mon principal objectif, au cours de cette dernière période de ma carrière artistique, a été le souci de l’espace dans l’œuvre d’art. J’étudie ses dimensions par rapport à des éléments abstraits et sa position à l’intérieur de ces derniers, puis la relation de cette entité par rapport à la nature statique. Ensemble, cette relation constitue une texture dans ma tête et donne une vision de l’intégration des éléments de ma peinture dans l’espace, et leur compatibilité avec l’air et les dimensions de cet espace. Dans mes nouvelles œuvres, j’étudie la relation entre la ligne et l’espace, et leur confluence avec des éléments en mouvement. A l’intérieur de cette construction, les éléments mobiles dépendent du mouvement de l’air, jusqu’à émerger entièrement du cadre de l’œuvre et à rejoindre l’espace extérieur, précédemment ignoré. L’existence d’un élément cohérent dans la peinture qui investit la surface, est le signe d’une existentialité reconnue et instable, qui, en mouvement constant est née de l’espace silencieux en arrière-plan, et qui se combine avec celui-ci, afin d’occuper une place majeure pleine de mouvements animés à côté des éléments existants.

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