Eman Nawaya, artiste-peintre syrienne

Originaire de Homs, en Syrie, et née  à Tabuk, en Arabie Saoudite en 1989
Vit et travaille à Beyrouth, au Liban

Eman Nawaya est une peintre figurative syrienne arrivée à Beyrouth en 2014. Jusqu’à ce jour, son art reste assoiffé de l’esprit de ce pays, et sa vie d’artiste est une histoire de passion. Elle a obtenu en 2012 son diplôme de la Faculté des Beaux-arts de l’Université d’Alep, en Syrie.

Eman Nawaya était très enthousiaste à l’idée d’ouvrir un petit atelier dans le Vieux Damas, mais elle n’en a pas eu l’occasion en raison du conflit. Elle n’avait plus d’autre option que Beyrouth, le Beyrouth de Gebran, de Darwiche et de Akl. Beyrouth ne l’a pas déçue, elle l’a accueillie avec générosité, elle qui porte dans son art l’identité féminine comme un étendard. Ses études sur le thème de la Femme sous toutes ses facettes, sur sa relation avec son partenaire, sur la relation entre les sexes, n’ont pas encore satisfait sa curiosité, quatre ans plus tard. Il ne fait pas de doute que la mixité de cette société et ses relations sont de nature à être une source suffisante d’inspiration. Ces deux facteurs viennent enrichir les sujets de son art, tout comme l’atmosphère qui règne dans cette ville aide au développement de sa technique artistique puisque, en matière de couleurs, elle est passionnée par la mer, et que sa peinture est éprise du ciel de Beyrouth.

Il n’a pas été très difficile à Eman Nawaya d’imposer son art à Beyrouth, de faire en sorte qu’il y soit accepté, et qu’il soit  considéré comme un projet influent et influencé par sa société. Tous ces facteurs rassemblés étaient au cœur de l’une de ses expositions individuelles qui s’est déroulée à Beyrouth, et qui était, par excellence, inspirée de l’atmosphère de cette ville. Cette exposition a interagi avec elle et reflété la relation qui la lie à ses habitants.

Certains pourraient penser qu’à l’instar d’autres artistes, Eman Nawaya évite le sujet de la guerre et de la destruction qui ravagent son pays. En réalité, elle travaille sur le sujet des relations et de leur teneur, parce qu’elle est convaincue que quand on les met en lumière, soit pour les consacrer, soit pour les critiquer ou pour souligner leur identification à l’espace et à l’existence, on évite beaucoup de guerres et de conflits. Cela pourrait nous permettre de sortir du cycle de la destruction en vue de parvenir à des résultats authentiques et concrets, fondés sur le partenariat et indépendants de tout conflit. De plus, elle a préféré laisser à d’autres artistes le soin d’aborder le sujet de la guerre à leur manière. Elle ne cherche pas à rivaliser avec eux, de peur que ce sujet n’arrive à saturation. Ni son pays, ni ses habitants, ni leurs souffrances ne sont un sujet de consommation courante, et encore moins d’exploitation.

… Et Beyrouth reste sa source comme elle a été celle de ceux qui lui y ont précédé.

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