Dani Hasrouni, photographe et artiste numérique syrien

Né à Damas, en Syrie en 1991
Vit à Damas, en Syrie

Jeune photographe et artiste numérique émergent, Dani Hasrouni a d’ores et déjà prouvé son talent de créateur. Il est diplômé en Communication Visuelle de la Faculté des Beaux-Arts de Damas, avec comme spécialisations la photographie, les arts numériques et le dessin, depuis 2014.

Derrière l’objectif de son appareil photo, de son regard plein de sensibilité, Dani Hasrouni pose le décor : un univers introspectif, conceptuel et abstrait où les clichés du photographe damascène retranscrivent une atmosphère étrange, intimiste et irréelle, comme en apesanteur et suspendue hors de tout contexte, offrant au regard un paysage flou, peuplé de silhouettes oniriques, qui telles des fantômes évanescents semblent hanter et transcender l’espace et le temps, dans une dynamique surprenante de mouvement, de fluidité et de légèreté.

Le travail de Dani Hasrouni explore les qualités spatio-temporelles de la technique, jouant avec les traînées laissées par le mouvement d’un corps dans l’image. Dans une belle gamme chromatique ou en noir et blanc, ses photographies dialoguent avec le médium où le flou est exploré comme moyen de rendre visible le changement et l’instabilité fondamentale de notre être au monde. En dévoilant par ses images une réalité enfouie sous l’apparente stabilité de nos corps, en nous proposant une vision poétique aux accents extatiques, l’artiste nous mène en immersion dans le sensible.

Mot de l’artiste

Dans notre univers, il y a le mouvement et l’immobilité, la lumière et l’obscurité, mais existe-t-il un état tiers ? Nous avons appris par la physique que si la différence de Cummins est présente entre les deux pôles, alors le courant passe entre les deux, ce qui sous-entend que notre monde est construit sur un dualisme basé sur un mouvement continuel, auquel il serait naïf de résister, et qui ne peut circuler qu’avec lui. Un tel mouvement existe aussi entre l’âme et le corps, laquelle doit rester dans son état naturel, et ne devrait pas se trouver en état de siège. Ainsi, afin d’exprimer cette idée à travers la photographie, je choisis des personnes informelles, et afin d’ajouter un effet de distorsion magnifié, j’utilise des rideaux en toile, éclairés en arrière plan par une lumière diffuse. Les silhouettes prennent forme en y laissant leurs empreintes, entre ombre et lumière, et suggèrent l’âme qui essaie de se synchroniser avec le corps la contenant. L’expressivité du mouvement permet aux silhouettes d’investir leurs formes qui se révèlent polymorphes et chatoyantes, grâce à la dissipation de la lumière cristallisée dans des valeurs différentes, ceci reflétant aussi la proximité du tissu qui permet à la lumière de jouer entre les deux.

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