Ammart Khadour, photographe syrien

Né à Damas, en Syrie en 1991
Vit à Damas, en Syrie

Ammart Khadour, jeune photographe damascène, nous emmène dans son aventure photographique atypique à travers les rues, les ruelles et les banlieues de la capitale syrienne. A chaque détour de rue, à Damas, il y a toujours la découverte d’un mur décrépi ou lézardé d’une singularité inouïe, qui témoigne d’un passé depuis longtemps révolu. Le temps est passé sur les murs de Damas, il se décompose dans l’abîme de l’éphémère.

L’artiste photographie les parties purement abstraites de murs usés par les ans et le climat, les teintes, les couleurs et les craquèlements de veilles peintures, les graffiti d’enfants à la craie ou au feutre, les inscriptions anciennes et les reliquats d’enseignes peintes, les restes d’annonces de décès, les affiches à moitié déchirées, les slogans politiques, certains recouverts par d’autres slogans, une ligne peinte à main levée, des mots de malédiction effacés ou recouverts par des couleurs différentes, la peinture écaillée sur le métal, les taches de rouille…

Les clichés d’Ammart Khadour nous ouvrent à un monde de poésie urbaine insoupçonnée. Les murs de l’espace public finissent par délier leur langue et révéler leurs histoires, leurs secrets, et des bribes de vie humaine. Ces couleurs étonnantes, ces formes les plus diverses, ces structures et textures sur les murs abandonnés ou des surfaces métalliques finissent par créer une forme d’œuvres d’art contemporaines, telles des peintures abstraites, que jamais personne n’avait remarquées auparavant.

Des peintures abstraites qui semblent avoir été créées avec les matériaux d’Antoni Tàpies, quelques coups de pinceau de Jackson Pollock et CY Twombly, les formes de Kazimir Malevitch et les surfaces qui se rapportent à Mark Rothko, Lucio Fontana, et Günther Uecker.

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