JASMIN, UNE AUTRE SYRIE

Edition 1
Janv/Fév/Mars 2018

Jasmin, Une Autre Syrie
Revue trimestrielle

En ces temps troublés, il nous a paru indispensable d’offrir une autre vision de la Syrie à travers sa culture et la création artistique de ses artistes.

Jasmin, Une Autre Syrie est née de la rencontre de personnes venant d’horizons et de cultures différents : Français, Franco-Syriens et Syriens, désireux de manifester ainsi leur solidarité avec la Syrie et ses habitants.

L’accent sera mis sur les œuvres artistiques des artistes syriens, de l’histoire de la Syrie ( ainsi que ses liens avec la France ), sa littérature et poésie, sa diversité et  richesse culturelles.

Jasmin, Une Autre Syrie se veut être une passerelle entre deux langues, deux cultures, deux mondes.

Cette revue au financement indépendant et à but non lucratif  paraîtra trimestriellement en ligne sur notre site Web syriaartasso.com, et annuellement en édition papier. Elle sera éditée partiellement en langues française et anglaise.   


Oeuvre par Marwan

Adonis

Pour Marwan
Une Lueur Dans Le Corps De La Matière

Marwan

Quelque chose qui déambule incessemment dans la steppe du néant,
une immensité où ne brille que le présent,
une matière similaire à l’éther, forgé dans un enchevêtrement de
cellules lumineuses baignant dans le maillage des couleurs, où la lumière se brise et se disperse pour se réorganiser, comme s’il s’agissait d’une trame de brumes, traversée par les rayons d’un soleil mystérieux.

Le poison du Soufi ébranle la matière, ce n’est toutefois qu’un élixir,
qui respire sa vie d’une manière différente,
Un firmament, mais en réalité une seconde peau pour la terre,
dans une lumière qui en même temps est couleur ; une couleur qui est presque forme ; ou même la main cachée qui peint la forme :

C’est tout cela que je ressens et vois, dans un flot de contradictions, quand je contemple les peintures de Marwan.

En effet, il me semble que Marwan veuille retracer l’existence dans sa première forme créatrice terrestre et la vie dans sa première pulsation embryonnaire. Ou comme quelqu’un qui veut remuer la couleur et la secouer jusqu’à la transformer en créatures dont on ne voit que les ombres.

Oeuvre de Marwan

En cela et au-delà,
J’ai l’impression, en tant que spectateur de ses peintures, de me réfléchir en elles. Je laisse mon regard errer de haut en bas dans cette réclusion parfaite qui se forme sans relâche et se change en images de l’infini ;
dans ces visages voilés de nuages, comme s’ils étaient des corps de lumière, entourés par l’obscurité des éléments, mais qu’ils sont incapables de dissimuler ;
dans les sources dont le cours d’eau creuse des plaies semblables à des sillons dans la surface du sol ;
dans une brume qui s’étend sur la terre comme un voile transparent ;
comme si je faisais face à une force qui engendre incessamment un monde qui se dissout et se reforme au même moment ;
dissout par la réalité existentielle,
et reformé par la métaphore de l’art.

Adonis par Marwan

Et ainsi,
entre une lumière qui pénètre dans l’obscurité et la submerge jusqu’à ce qu’elle l’éteigne et la domine, ainsi que tout ce qui l’entoure ;
et une obscurité qui flotte dans la lumière jusqu’à ce qu’elle jaillisse presque de la peinture, immergeant tout autour d’elle ;
les formes bougent sur un rythme régulier et persistent dans un mouvement
d’exubérance, comme une lueur dans le corps de la matière,

comme si la peinture ne vivait pas dans la peinture,
comme s’il s’agissait d’un faisceau de rayons énergétiques qui pesaient dans l’espace capturé par la vue,
comme si le visible était exactement ce que nous ne voyons pas.

Adonis
Paris, janvier 2017

Traduction de l’arabe : Khaled Youssef
Editing : Danii Kessjan

MARWAN * Damas 31.01.1934 - † Berlin 22.10.2016
 
Le 22 octobre, Marwan Kassab-Bachi, peintre basé à Berlin et originaire de Syrie, est décédé dans la capitale allemande à l'âge de 82 ans. Mieux connu sous le nom de Marwan, l'artiste était estimé pour ses peintures largement figuratives qui étaient à la fois de style arabe et occidental-européen, reflétant la confusion de l'identité de ceux qui se sont retrouvés parmi une diaspora culturelle après la Seconde Guerre mondiale. Il s'inspira notamment des œuvres expressionnistes de Chaïm Soutine et d'artistes européens dont les œuvres ont été exposées au Louvre, et qui ont guidé ses propres expériences en matière d'utilisation de la couleur pour construire des formes de traits humains et de parties du corps.

Né en 1934 à Damas, Marwan étudia la littérature arabe à l'Université de Damas de 1955 à 1957, puis partit en 1957 pour Paris, mais finit par étudier la peinture auprès de l'artiste allemand Hann Trier à la Hochschule für Bildende Künste de Berlin. Après ses études artistiques, Marwan est resté à Berlin et a travaillé comme artiste indépendant. Pour joindre les deux bouts, il travailla également dans une tannerie entre 1962 et 1970, mais continua sa pratique du dessin et de la peinture. Pendant ce temps, certains de ses clients ont sous-payé l'artiste à l'esprit toujours confiant pour ses peintures, si même jamais ils l'ont payé.

En 1977, Marwan est arrivé à la Hochschule der Künste à Berlin, où il a été professeur invité de peinture pendant deux ans avant de devenir professeur titulaire en 1980. Il y est resté et a enseigné jusqu'en 2002. En 1994, Marwan est devenu le premier membre arabe de l'Akademie der Künste à Berlin.

Comptant Georg Baselitz et Eugen Schönebeck comme ses contemporains, le style de Marwan a rapproché les continents et les cultures. Ses peintures sont saturniennes, parfois menaçantes. Baselitz et Schönebeck étaient probablement des références pendant ses années formatrices en tant qu'artiste, mais cependant, c'est finalement le visage humain qui est devenu son obsession. L'historien d'art allemand Jorn Merkert, qui était aussi un ami personnel de Marwan, a dit que l'artiste considérait le visage comme « un moyen d'exprimer la profondeur dramatique de la vie. » Il figurait dans presque toutes ses créations depuis le milieu des années 70, apparaissant dans divers formats, à la fois à l'huile et à l'aquarelle. À ce stade de sa carrière, il abandonna une approche figurative formelle et gravitait vers des coups de pinceau déchirants et tout en relief - une flagellation déchaînée de couleur dont l'arrangement révélait un visage humain mutilé. Se référant à l'art de Marwan, le poète moderniste syrien Adonis a noté: « C'est comme si l'Homme dans son intégralité était devenu un visage. . . et c'est le lieu qui témoigne de la tragédie du monde arabe. »

Repose en paix MARWAN.

 


Chemins Croisés : Trois Femmes Artistes  du Moyen-Orient

A quoi aspirent les femmes du Moyen-Orient ? Dans leur terre natale ou leur pays d’accueil, où commencent leurs rêves et quelle est la force de leur espoir ?

L’Orient des songes et du sang, l’Orient de la gloire et des tourments, quelles traces a-t-il laissé dans leurs âmes ?

La Femme a toujours été l’âme et le cœur du Levant, et l’origine de son rayonnement. De la déesse à la reine, de la poétesse à l’artiste, en passant par la langue elle-même, l’éternel féminin est une source de créativité qui a longtemps inspiré les hommes et influencé le destin de cette région qui jadis fut le centre d’un autre monde.

Aujourd’hui, en ces temps de guerre et d’instabilité, les femmes orientales ne restent pas dans l’ombre, leurs voix brisent le silence et leurs appels sont entendus. Fidèles à des siècles de la plus belle expression humaine, les émotions féminines prennent un nouvel essor. Celles-ci se matérialisent dans des œuvres d’art prouvant ainsi l’identité commune de l’Humanité, tout en laissant leurs empreintes singulières au parfum de jasmin et aux couleurs du Levant.

Shereen, Cham et Rana, trois jeunes femmes de notre Orient, dont le destin guidé par les choix de vie ont conduit au Canada. Elles ont trouvé dans l’art un horizon pour libérer leurs émotions, exprimer leur féminité, dessiner les lignes de leurs joies et de leurs peines, sculpter leurs préoccupations humaines et peindre la vie aux couleurs de l’espoir.

Shereen Audi

Shereen Audi exprime ses émotions dans une fantaisie rêveuse. Si à première vue le travail de l’artiste laisse apparaître une atmosphère joyeuse dans un monde parallèle enchanté, un regard plus approfondi révèle une véritable recherche de l’identité féminine, entre l’image que certaines sociétés misogynes essaient d’imposer à l’existence des femmes et la réalité de ce à quoi les femmes aspirent et ont souvent du mal à accomplir. Les ailes sont des éléments récurrents dans le travail de Shereen ; c’est ainsi qu’elle exprime sa volonté, et la volonté de sa génération, de s’envoler de ses propres ailes, de quitter le cadre imposé, de refuser d’être sous tutelle et d’affirmer sa féminité comme une force créatrice.

Cham Chahda

La principale préoccupation de Cham Chahda est l’être humain, sa fragilité, à la fois sa capacité à créer la beauté et sa propension à la destruction. A première vue, la sculpture de Cham est figurative, mais en plongeant dans les détails, nous réalisons la profondeur de sa pensée : qu’est-ce qui fait de nous un être humain au 21ème siècle ? Comment la vie matérielle affecte-t-elle la partie la plus profonde de notre existence ? Notre attachement aux choses qui nous entourent, notre désir de possession, ce qui reste de nous et de ceux qui ont croisé notre route, les souvenirs obsédants d’un pays dévasté par l’ignorance humaine ; ce qui reste, ceux qui restent et tout ce qui s’est est allé à jamais, sauf dans l’âme où demeurent encore des traces indélébiles de présence et d’absence, et des pas sur le chemin de la vie.

Rana Hatmal

La liberté est le thème central reflété dans les peintures de Rana Hatmal, les étapes que nous prenons au cours de notre vie, ce qui nous guide et ce qui entrave ou propulse notre envol. Si l’artiste s’appuie sur ses racines pour dessiner des chemins dans différentes nuances de couleurs, elle se préoccupe de l’avenir, mais c’est le présent qui compte le plus. Pour briser les chaînes et donner libre cours à nos sens, à nos émotions et à nos gestes, nous avons besoin de la liberté dans laquelle nos âmes s’épanouissent. Nous pourrions être comme des oiseaux en vol, libres d’explorer, libres de naviguer et de dessiner. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’horizon ou la fin de la route, mais avant tout la liberté de mouvement, liberté si chère, mais de plus en plus restreinte, dans un monde qui, dans son effrayante accélération, ne laisse plus de place pour savourer le présent.

Voici donc des fragments de vie de ces jeunes femmes artistes venues d’un pays lointain, et qui continuent de démontrer leur capacité à renouveler, créer et interroger le monde qui les entoure, depuis leur lieu de résidence à Montréal.

C’est à travers leur Art que leurs rêves prennent forme et que, de leurs propres mains, elles font triompher leurs espoirs et leur féminité.

Texte par Khaled Youssef
Editing par Danii Kessjan

Shereen Audi

Shereen Audi est une artiste syro-jordanienne née à Amman, en Jordanie en 1970. Diplômée de l’Institut des Beaux-Arts d’Amman en 1992, elle a suivi plusieurs cours d’art et de gravure d’art à l’Académie d’Eté Darat al Funun et à la Galerie Nationale des Beaux-Arts de Jordanie. En outre, l’artiste a suivi divers ateliers et cours d’artistes renommés, tels que le peintre jordanien Khaled Khries, les artistes irakiens Nedim Kufi et Mahmoud Obaidi, ainsi que le professeur Lynne Allen, directeur de l’Université de Boston, Académie des Arts Visuels.

Le travail de Shereen Audi est infiniment personnel, dépeignant son « moi intérieur »,  mais évite cependant une réflexion approfondie sur le Moyen-Orient autour de thèmes plus ardus. Son œuvre est une critique de la réalité du vingt et unième siècle, une négation enthousiaste de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous ressentons, et une retraite dans les chaînes dorées d’une évasion oublieuse apaisante. L’art de Shereen révèle aussi une gamme d’émotions et de préoccupations universelles inhérentes à l’identité féminine, dont l’existence devrait être prise en considération et la voix entendue.

Des ailes de fées et des barreaux de cellules, des femmes aux yeux bandés, décapitées et attachées, représentent le matérialisme et le consumérisme, et en même temps lancent un plaidoyer émotionnel pour la liberté. D’autres fois, son travail célèbre le bonheur dans les épreuves difficiles, et la simplicité enfantine plutôt que la sophistication. Son exploration des nouveaux médias, y compris l’art vidéo et la photographie en 2014, a reçu beaucoup d’éloges et d’appréciation de la part du public d’art, et sa courte vidéo « Soul’s Flight » a été présentée en Europe lors de différents événements.

Shereen Audi vit et travaille à Montréal, au Canada. Son oeuvre fait partie de nombreuses collections privées ainsi que publiques, y compris la Galerie Nationale des Beaux-Arts de Jordanie. Elle a participé à de nombreuses expositions individuelles au Moyen-Orient, en Europe et en Asie, notamment en Allemagne, au Japon, en Roumanie, en Finlande, à Bahreïn, au Liban, en Algérie, en Égypte et en Jordanie.

Mot de l’artiste

L’art est la passion de ma vie, la façon dont je m’exprime, un monde que j’ai créé pour mon esprit et mon âme. À travers l’art, j’exprime mon moi intérieur qui est affecté par les événements extérieurs de la vie quotidienne.

Mon art est hautement personnel mais révèle une gamme d’émotions et de préoccupations universelles inhérentes à l’identité féminine, à son existence, et à sa voix qui devrait être entendue. Mon art est ma délivrance, ma fuite de la réalité vers un monde de fantaisie. Mon art est ma force, ma satisfaction et ma confiance en moi. Mon art est la beauté qui sort de l’expression de mon for intérieur et que je présente au monde entier.

J’ai créé mes derniers collages pour célébrer les femmes capables de force et de confiance en soi. À mon avis, les femmes sont capables et fortes, et peuvent faire face à toutes sortes de difficultés ou d’épreuves auxquelles elles sont confrontées dans leur vie. J’ai foi en les femmes en général. Dans ces œuvres, je souhaite donner aux femmes une énergie positive, des bonnes vibrations et une sollicitation d’encouragement à poursuivre leurs buts, à continuer de donner et de croire en elles-mêmes et dans ce qu’elles peuvent offrir à elles-mêmes et au monde.

Cham Chahda

Cham Chahda est née à Damas, en Syrie en 1982. Elle a reçu son BFA (Baccalauréat en Beaux-arts) de l’Université Concordia à Montréal, Canada, en 2016. Cham travaille principalement dans le médium de la céramique, mais inclut des techniques mixtes et différents matériaux dans ses sculptures. Elle a participé à de nombreuses expositions collectives à Montréal, y compris des expositions-concours à la Galerie D’este, la Galerie Art Mur, la Galerie VAV et au Musée des Maîtres et Artisans du Québec à Montréal. Son travail a été présenté dans le magazine « Céramique : Magazine Art & Participation », et « The Crafted Dish » qui a été lancé pour la National Clay Week (Semaine nationale de l’argile) au Canada. Cham Chahda vit et travaille actuellement à Montréal, au Canada.

La principale préoccupation de Cham Chahda est l’être humain, sa fragilité, à la fois sa capacité à créer la beauté et sa propension à la destruction. A première vue, la sculpture de Cham est figurative, mais en nous immergeant dans les détails, nous réalisons la profondeur de sa pensée : qu’est-ce qui fait de nous un être humain au 21ème siècle ? Comment la vie matérielle affecte-t-elle la partie la plus profonde de notre existence ? Notre attachement aux choses qui nous entourent, notre désir de possession, ce qui reste de nous et de ceux qui ont croisé notre route, les souvenirs obsédants d’un pays dévasté par l’ignorance humaine; ce qui reste, ceux qui restent et tout ce qui s’en est allé à tout jamais, sauf dans l’âme où persistent des traces indélébiles de présence et d’absence, et des pas sur le chemin de la vie.

Mot de l’artiste

Je suis obsédée par le fait d’être « humaine ».

Mon travail est la sculpture figurative, et s’inspire tout autant de l’étude de la physiologie que de celle du langage corporel. Mes figurines naissent toujours avec un récit, où les gestes corporels, les expressions faciales et les interprétations de la forme humaine suscitent une réponse émotionnelle du spectateur.

Au cours des cinq dernières années, mon œuvre a été affectée par la situation dévastatrice dans ma patrie de Syrie. Pendant cette période, les figurines que j’ai créées exprimaient des réflexions personnelles sur la mort, la torture, la famine et le déplacement. La destruction de la Syrie et la souffrance de son peuple étaient devenues ma motivation pour produire et créer, dans une tentative de libérer mon esprit des images obsédantes qui venaient de ma patrie.

Les trois dernières années, j’ai développé un nouvel intérêt pour travailler avec des médias mixtes. J’ai produit une série de figurines en utilisant des objets trouvés, de la porcelaine, du métal, du verre, du cuir, du papier fabriqué à la main et du fil de fer. La qualité de certains matériaux qui font partie de ces figurines, par exemple la délicatesse du papier japonais et la transparence du verre, servent de référence à la fragilité de nos corps et à la nature même de l’existence humaine.

Rana Hatmal

L’expérience de Rana Hatmal en tant qu’architecte influence la construction et le design de son art. Son utilisation de l’espace est minimaliste mais suffisante pour exprimer la richesse de ses inspirations. En conséquence, son travail juxtapose la complémentarité et le contraste entre les sujets représentés et les couleurs utilisées. Cette dualité provient des religions plus anciennes de l’Orient et fait partie de l’ADN de ceux qui nous ont précédés et qui continue à travers nous. Malgré les défis et les changements qu’elle traverse dans sa nouvelle vie au Canada, elle continue de croire que la liberté est un choix que chacun de nous pourrait faire. Rana a tenu des expositions personnelles et a participé à plusieurs expositions de groupe à Damas, Beyrouth, Paris, Toronto et Montréal.

La dualité, la liberté et la migration sont des thèmes clés abordés dans les peintures de Rana Hatmal. Les étapes que nous prenons au cours de notre vie, ce qui guide et ce qui entrave ou propulse notre envolée sont toutes dans nos esprits. Si l’artiste s’appuie sur ses racines pour dessiner des chemins dans différentes nuances de couleurs, elle se préoccupe de l’avenir, mais c’est le présent qui compte le plus. Pour briser les chaînes et donner libre cours à nos sens, à nos émotions et à nos gestes, nous avons besoin de la liberté dans laquelle nos âmes s’épanouissent. Nous pourrions être comme des oiseaux en vol, libres d’explorer, libres de circuler et de dessiner. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’horizon ou la fin de la route, mais surtout la liberté de mouvement, une liberté si chère, mais de plus en plus restreinte, dans un monde qui, dans son effrayante accélération, ne laisse plus d’espace pour savourer le présent.

Mot de l’artiste

Mon projet actuel traite d’un thème primordial, à savoir « l’espoir », et plus précisément l’espoir et la liberté, comme en témoignent deux éléments symboliques. Le premier élément est représenté par les extrémités – les pieds et les mains – avec leurs mouvements fluides, combinés dans différentes compositions entrelacées marquées par la spontanéité, dans une main; tandis que les oiseaux représentent le second élément, celui de la libre circulation. Les deux éléments convergent dans leur signification symbolique et leur représentation du mouvement.

Les peintures utilisent la technique de l’acrylique sur toile. J’ai cependant ajouté un médium différent dans l’un d’eux, dans le but de créer une surface type de relief sur la toile. Cela permet de mettre en évidence le contraste entre le noir et le blanc, tout en affichant simultanément l’harmonie entre les deux éléments de base : les pieds et les oiseaux.